Après le milliard, c’est quoi ? — la réponse simple, en trois phrases
Après le milliard, c'est le billion : un 1 suivi de 12 zéros, c'est-à-dire mille milliards. Ensuite viennent le billiard, le trillion, le trilliard, et ça continue très longtemps, chaque nouveau nom ajoutant trois zéros. Tu peux aller jusqu'au centillion, qui s'écrit avec 600 zéros : plus que tous les grains de sable de toutes les plages de la Terre.
Après le milliard, c’est quoi ? — pour les grands
Après le milliard, c’est le billion (et pas le trillion)
Comptez avec moi : mille, million, milliard… et ensuite ? Beaucoup de gens répondent « trillion », parce qu’ils l’ont entendu dans une série américaine. En français, la réponse est le billion. Un billion, c’est mille milliards, soit un 1 suivi de 12 zéros : 1 000 000 000 000. Ce n’est pas un nombre de science-fiction : la dette de l’État français dépasse aujourd’hui 3 billions d’euros, et le produit intérieur brut mondial se compte en dizaines de billions de dollars.
Après le billion vient le billiard (15 zéros), puis le trillion (18 zéros), le trilliard (21 zéros), le quadrillion (24 zéros), et ainsi de suite. La logique est régulière : chaque nouveau nom ajoute trois zéros au précédent. Cette manière de compter s’appelle l’échelle longue. Elle est utilisée en France, mais aussi en Allemagne, en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas et dans la plupart des pays d’Europe continentale. Si vous voulez d’abord bien visualiser le milliard lui-même, Combien de zéros dans un milliard ? vous aidera à poser les bases.
Le tableau des grands nombres, de mille jusqu’au centillion
Le tableau ci-dessous donne chaque nom de l’échelle longue, le nombre de zéros qu’il faut écrire après le 1, et son écriture en puissance de dix. La puissance de dix est simplement une façon courte de dire « un 1 suivi de tant de zéros » : 1012 se lit « dix puissance douze » et vaut un 1 suivi de douze zéros. Plus on descend dans le tableau, plus les noms deviennent rares, mais chacun d’eux est correct et reconnu par les dictionnaires.
| Nom | Nombre de zéros | Puissance de 10 |
|---|---|---|
| mille | 3 | 103 |
| million | 6 | 106 |
| milliard | 9 | 109 |
| billion | 12 | 1012 |
| billiard | 15 | 1015 |
| trillion | 18 | 1018 |
| trilliard | 21 | 1021 |
| quadrillion | 24 | 1024 |
| quadrilliard | 27 | 1027 |
| quintillion | 30 | 1030 |
| quintilliard | 33 | 1033 |
| sextillion | 36 | 1036 |
| sextilliard | 39 | 1039 |
| septillion | 42 | 1042 |
| septilliard | 45 | 1045 |
| octillion | 48 | 1048 |
| octilliard | 51 | 1051 |
| nonillion | 54 | 1054 |
| nonilliard | 57 | 1057 |
| décillion | 60 | 1060 |
| décilliard | 63 | 1063 |
| undécillion | 66 | 1066 |
| duodécillion | 72 | 1072 |
| trédécillion | 78 | 1078 |
| quattuordécillion | 84 | 1084 |
| quindécillion | 90 | 1090 |
| sexdécillion | 96 | 1096 |
| septendécillion | 102 | 10102 |
| octodécillion | 108 | 10108 |
| novemdécillion | 114 | 10114 |
| vigintillion | 120 | 10120 |
| trigintillion | 180 | 10180 |
| quadragintillion | 240 | 10240 |
| quinquagintillion | 300 | 10300 |
| sexagintillion | 360 | 10360 |
| septuagintillion | 420 | 10420 |
| octogintillion | 480 | 10480 |
| nonagintillion | 540 | 10540 |
| centillion | 600 | 10600 |
À partir de l’undécillion, chaque « -illion » possède lui aussi son « -illiard », avec trois zéros de plus : l’undécilliard vaut 1069, le duodécilliard 1075, le vigintilliard 10123 et le nonagintilliard 10543. Ils sont presque jamais écrits, mais ils existent bel et bien.
Pourquoi un billion américain n’est pas un billion français ?
Voici la source de la plupart des confusions. Aux États-Unis, on utilise l’échelle courte : chaque nouveau nom ajoute seulement trois zéros. Le « billion » américain vaut donc 109, c’est-à-dire notre milliard, et le « trillion » américain vaut 1012, c’est-à-dire notre billion. Le Royaume-Uni comptait autrefois comme nous, mais il a officiellement adopté l’échelle courte en 1974. Le Brésil, la Russie, la Turquie et la plupart des pays arabes l’utilisent aussi.
Combien ?Combien de temps vit un chat ?Le piège se cache dans les traductions. Quand un journal titre « a trillion dollars », il faut lire « mille milliards de dollars », donc un billion en bon français. Un « billionaire » américain est un milliardaire, pas quelqu’un qui possède un billion. Et l’écart grandit à mesure que l’on monte : le centillion américain vaut 10303, quand le centillion français vaut 10600. Le même mot désigne deux nombres séparés par 297 zéros.
| Puissance de 10 | Échelle longue (France) | Échelle courte (États-Unis) |
|---|---|---|
| 109 | milliard | billion |
| 1012 | billion | trillion |
| 1015 | billiard | quadrillion |
| 1018 | trillion | quintillion |
| 1024 | quadrillion | septillion |
Comment retenir la règle des -illions et des -illiards ?
Les noms sont bâtis sur les préfixes latins : bi pour 2, tri pour 3, quadri pour 4, quinti pour 5, sexti pour 6, septi pour 7, octi pour 8, noni pour 9, déci pour 10, viginti pour 20, centi pour 100. Dans l’échelle longue, un « N-illion » vaut 10 puissance 6 fois N. Le billion (N = 2) vaut 1012, le trillion (N = 3) vaut 1018, le vigintillion (N = 20) vaut 10120, le centillion (N = 100) vaut 10600. Pour obtenir le « N-illiard », vous ajoutez trois zéros.
Le milliard est la seule exception à la construction : logiquement il devrait s’appeler « millionard », mais le mot milliard, apparu au XVIe siècle, l’a emporté par l’usage. L’orthographe compte aussi : billiard avec un i désigne le nombre, le billard avec lequel on joue n’en a pas. Un lecteur pressé peut donc lire « un billiard d’euros » et imaginer une table verte.
Et après le centillion ? Le googol, le googolplex et l’infini
Le centillion n’est pas la fin du voyage. En 1920, le mathématicien américain Edward Kasner demande à son neveu Milton Sirotta, 9 ans, d’inventer un nom pour un 1 suivi de cent zéros. L’enfant propose « googol ». Le googol vaut 10100 : il se glisse entre le sexdécillion (1096) et le septendécillion (10102). Une entreprise de moteur de recherche a plus tard emprunté ce nom, en l’écrivant de travers.
Le même neveu a aussi proposé le googolplex : un 1 suivi d’un googol de zéros, c’est-à-dire 10 puissance 10100. Ce nombre est impossible à écrire en entier. L’univers observable contient environ 1080 atomes ; même en écrivant un zéro sur chaque atome, vous n’auriez pas assez de place. Les mathématiciens manipulent des nombres encore plus grands, comme le nombre de Graham, utilisé en 1977 dans une démonstration et si vaste qu’on ne peut le décrire qu’avec une notation spéciale. Mais aucun de ces géants n’est l’infini : l’infini n’est pas un nombre, c’est l’idée que l’on peut toujours ajouter 1.
À quoi servent des nombres aussi grands ?
Dans la vie quotidienne, on dépasse rarement le billion. L’astronomie va plus loin : la Voie lactée compte environ 100 milliards d’étoiles, et l’univers observable en abriterait quelque 1023, soit cent mille trilliards. La chimie compte les molécules par paquets de 6 × 1023, ce qu’on appelle une mole : un simple verre d’eau contient près de 1025 molécules, dix quadrillions. Pour savoir combien de mondes tournent autour de notre étoile, Combien y a-t-il de planètes ? répond avec un chiffre bien plus modeste.
Combien ?Combien de temps vit un papillon ?L’informatique a créé ses propres mots pour la même échelle : le téraoctet vaut 1012 octets, le pétaoctet 1015, l’exaoctet 1018, le zettaoctet 1021. Ces préfixes remplacent les noms latins dans les usages techniques, mais la question des enfants reste la même : qu’est-ce qui vient après ? La réponse, elle, ne s’arrête jamais.
Vrai ou faux ?
Deux affirmations sur cette question. Soulève un volet.
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Bernard Tessier
Le père de Marina. Trente-huit ans à la SNCF, à Saint-Nazaire, à faire partir des trains à l'heure : quand on lui demande combien de temps dure quelque… Ses autres réponses





