Comment fonctionne un AirTag ? — la réponse simple, en trois phrases
Tu as déjà perdu ton doudou dans un parc et demandé à tout le monde s'ils l'avaient vu ? Un AirTag fait pareil, tout seul : il répète sans arrêt un petit message invisible, et tous les iPhone qui passent à moins de dix mètres l'entendent. Chacun envoie alors discrètement à son propriétaire l'endroit où il l'a « entendu », sans même que la personne qui passe le sache.
Comment fonctionne un AirTag ? — pour les grands
Qu’est-ce qu’il y a dans un AirTag ?
Ouvrez un AirTag, un disque de 32 millimètres pour 11 grammes, et vous trouverez très peu de choses : une pile bouton CR2032, la même que dans une balance de cuisine, une petite puce Bluetooth, une puce à ultra large bande, un haut-parleur miniature et une antenne. Pas de GPS, pas de carte SIM, pas d’écran. Un AirTag ne sait pas où il est. Il est incapable de se localiser lui-même et incapable de se connecter à Internet.
Toute son astuce tient dans ce qu’il ne fait pas. Sans GPS ni connexion mobile, la pile dure environ un an, là où un traceur GPS classique s’épuise en quelques jours. Ce qu’il fait, c’est chuchoter : toutes les deux secondes environ, il émet en Bluetooth un court message, à peine quelques octets, qui porte à une dizaine de mètres. Ce message est une clé qui change régulièrement, illisible pour qui n’est pas son propriétaire.
Comment l’AirTag envoie-t-il sa position sans GPS ?
Le relais, ce sont les autres. Chaque iPhone, iPad ou Mac en circulation écoute en permanence les chuchotements Bluetooth autour de lui. Quand l’un d’eux capte le message d’un AirTag, il note sa propre position GPS, la chiffre avec la clé contenue dans le message, et l’envoie aux serveurs du réseau Localiser. L’appareil qui a servi de relais ne sait rien : ni à qui appartient l’AirTag, ni ce qu’il vient de transmettre. Son propriétaire ne reçoit aucune notification.
Comment ça marche ?Comment fonctionne un frigo ?Le propriétaire de l’AirTag, lui, ouvre l’application, qui télécharge les positions chiffrées et les déchiffre avec la clé secrète stockée dans son téléphone. Il voit alors sur une carte le dernier endroit où un appareil est passé à côté de son objet. Ce réseau compte plus d’un milliard d’appareils actifs dans le monde ; dans une ville, il est presque impossible qu’un AirTag reste plus de quelques minutes sans être croisé. En pleine forêt, il peut rester muet des heures.
| AirTag | Traceur GPS classique | |
|---|---|---|
| Se localise tout seul | Non | Oui, par satellites |
| Connexion à Internet | Aucune, relais par d’autres téléphones | Carte SIM et abonnement |
| Autonomie | Environ 1 an, pile à 2 euros | Quelques jours, batterie rechargeable |
| Fonctionne loin de tout | Mal, il faut des passants | Oui, s’il y a du réseau mobile |
Comment le téléphone trouve l’AirTag au centimètre près ?
Le Bluetooth indique une position à une dizaine de mètres près : assez pour savoir que vos clés sont dans l’appartement, pas pour savoir sous quel coussin. C’est là qu’intervient la seconde puce, à ultra large bande, dite UWB. Elle envoie des impulsions radio très brèves, et le téléphone mesure le temps qu’elles mettent à faire l’aller-retour. La lumière et les ondes radio parcourent 30 centimètres en une milliardième de seconde : en chronométrant à cette précision, le téléphone calcule la distance à quelques centimètres près, et la direction grâce à ses plusieurs antennes.
Sur l’écran, une grande flèche s’oriente vers l’objet et affiche la distance : « 3,2 m », puis « 0,4 m ». Le téléphone vibre de plus en plus fort en approchant. Cette fonction ne marche qu’à moins de 10 mètres environ, et seulement sur les iPhone récents. Pour les vieux modèles, il reste le haut-parleur : l’AirTag joue une petite mélodie sur demande, assez forte pour être entendue sous un canapé.
Est-ce qu’on peut suivre quelqu’un avec un AirTag ?
C’est la crainte qui a accompagné son lancement en avril 2021, et elle était fondée : un AirTag glissé dans un sac ou sous une voiture peut révéler les déplacements d’une personne. Plusieurs protections ont été ajoutées. Si un AirTag qui n’est pas le vôtre se déplace avec vous pendant un certain temps, votre iPhone vous alerte et vous propose de le faire sonner. Séparé de son propriétaire depuis 8 à 24 heures, l’AirTag émet lui-même un son. Depuis mai 2024, les téléphones Android affichent la même alerte.
Ces protections reposent sur un équilibre : l’AirTag doit être suivi facilement par son propriétaire, mais repéré facilement par une personne suivie contre son gré. Chaque AirTag est de plus lié au compte de son acheteur, et la justice peut l’identifier en cas de plainte. Il reste un objet de repérage, pas d’espionnage : il ne contient ni micro, ni caméra, ni capteur de mouvement lisible à distance.
Pourquoi les AirTag retrouvent des valises à l’autre bout du monde ?
Les aéroports sont l’endroit idéal pour ce réseau : des dizaines de milliers de voyageurs avec un iPhone dans la poche traversent chaque jour les mêmes couloirs que les bagages. Une valise égarée envoie sa position depuis la soute, le tapis, l’entrepôt, puis l’avion suivant. Depuis 2024, plusieurs compagnies, dont Air France et Lufthansa, acceptent que les passagers leur partagent la position de leur AirTag pour accélérer la recherche.
Comment ça marche ?Comment on fait du marron ?En vol, l’AirTag continue d’émettre, ce qui a d’abord inquiété. Sa pile bouton est tolérée en soute par les règles de l’aviation civile, parce qu’elle contient trop peu de lithium pour présenter un risque. Et la position ne s’affiche que quand un iPhone passe à proximité, ce qui explique les longs silences pendant le vol, suivis d’une rafale de positions dès l’atterrissage. Le principe de ces ondes radio qui traversent l’air rejoint celui de la lumière, dont la couleur du ciel est une conséquence, décrite dans Pourquoi le ciel est bleu ?. Et les calculs qui trient ces milliards de positions ressemblent à ceux que décrit Comment fonctionne l’IA ?.
Vrai ou faux ?
Deux affirmations sur cette question. Soulève un volet.
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Aurèle Marchetti
Pendant six ans, Aurèle a fait la nuit dans un planétarium de Toulouse, sous une coupole, devant des classes qui voulaient savoir où s'arrête le ciel. Il est… Ses autres réponses




