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Le Jeu des 52 questions 5 €

Une rubrique du livre

Est-ce que ? Les bêtes qui piquent, les poules, les sirènes et ce qu'on mange

Est-ce que les bourdons piquent, est-ce que les sirènes existent, est-ce que les marrons se mangent. Des questions qui attendent oui ou non, et qui méritent mieux : la vraie réponse, et pourquoi.

1 seule foisle nombre de piqûres d'une abeille ouvrière : son dard reste dans la peau et elle meurt ; le bourdon, lui, peut piquer plusieurs fois
Est-ce que ?
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Est-ce que les bourdons, les abeilles et les mouches piquent ?

Ce sont les questions de l'été, posées au moment où la bête tourne autour de la table. Le bourdon, gros, velu et bruyant, fait peur ; il est pourtant le plus paisible des trois. Les femelles ont un dard et peuvent piquer, plusieurs fois, car leur dard est lisse et ressort de la peau. Mais un bourdon ne pique presque jamais : il faut l'écraser, le saisir dans la main ou déranger son nid. Les mâles, eux, n'ont pas de dard du tout. Comment reconnaître un bourdon, pourquoi il ne s'intéresse pas à votre assiette, et que faire en cas de piqûre : Est-ce que les bourdons piquent ?.

L'abeille domestique pique, oui, mais une seule fois. Son dard porte de petits crochets qui restent plantés dans la peau des mammifères ; en s'envolant, l'abeille s'arrache une partie de l'abdomen et meurt. Elle ne pique donc que pour défendre sa ruche ou quand elle est coincée, jamais pour le plaisir. Une ruche compte 30 000 à 60 000 ouvrières, et l'on peut s'asseoir à côté sans risque, à condition de ne pas se placer devant l'entrée : Est-ce que les abeilles piquent ?.

La mouche, c'est plus subtil. La mouche domestique, celle des cuisines, ne pique pas : sa bouche est une sorte d'éponge qui aspire, elle ne peut pas percer la peau. Mais d'autres mouches le font, comme le taon ou la mouche des étables, que l'on croise près des chevaux et des vaches. Et le moustique, qui n'est pas une mouche, pique seulement quand c'est une femelle qui a besoin de sang pour ses œufs : Est-ce que les mouches piquent ?.

Pour un enfant, la règle qui tient dans une phrase : une bête qui pique se défend, elle n'attaque pas. On ne tape pas, on ne court pas en agitant les bras, on s'éloigne doucement. C'est vrai des trois, et cela suffit à passer un été tranquille.

Les questions, une par page

Est-ce que les marrons se mangent ?
Est-ce que ?

Est-ce que les marrons se mangent ?

Ça dépend de quel marron tu parles. Le marron rond, lisse et brillant que tu ramasses dans la cour de récré ou au parc est un marron d'Inde, et il ne se mange pas : il peut rendre malade, avec mal…

Est-ce que les marrons se mangent ?
Est-ce que les bananes constipent ?
Est-ce que ?

Est-ce que les bananes constipent ?

Ça dépend de la banane. Une banane bien mûre, jaune avec des petites taches brunes, ne constipe pas : elle contient des fibres…

Est-ce que les bananes constipent ?
Est-ce que les mouches piquent ?
Est-ce que ?

Est-ce que les mouches piquent ?

Ça dépend de la mouche. Celle qui tourne autour de ton goûter, la mouche domestique, ne peut pas piquer : sa bouche est…

Est-ce que les mouches piquent ?
Est-ce que les abeilles piquent ?
Est-ce que ?

Est-ce que les abeilles piquent ?

Oui, une abeille peut piquer, mais elle ne le fait que pour défendre sa ruche ou si tu l'écrases, parce que piquer…

Est-ce que les abeilles piquent ?
Est-ce que les fantômes existent ?
Est-ce que ?

Est-ce que les fantômes existent ?

Non, personne n'a jamais réussi à prouver qu'un fantôme existe, et beaucoup de gens ont essayé, avec des appareils photo, des micros…

Est-ce que les fantômes existent ?
Est-ce que les sirènes existent ?
Est-ce que ?

Est-ce que les sirènes existent ?

Non, les sirènes n'existent pas : aucun animal n'a jamais eu un buste de femme et une queue de poisson, et un être…

Est-ce que les sirènes existent ?
Est-ce que les poules ont des dents ?
Est-ce que ?

Est-ce que les poules ont des dents ?

Non, les poules n'ont pas de dents, et aucun oiseau vivant aujourd'hui n'en a. La poule avale ses graines tout rond, avec…

Est-ce que les poules ont des dents ?
Est-ce que les bourdons piquent ?
Est-ce que ?

Est-ce que les bourdons piquent ?

Oui, un bourdon peut piquer, mais il ne le fait presque jamais : il faut vraiment l'écraser ou le coincer pour qu'il se…

Est-ce que les bourdons piquent ?

À toi de répondre

La série change chaque jour. 6 affirmations, deux volets : soulève celui que tu crois.

…

VRAI
FAUX
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Plus d’informations sur « Est-ce que ? »

Les poules ont-elles des dents, les bourdons piquent-ils, les sirènes existent-elles : les questions à réponse oui, non ou ça dépend.

Est-ce que les poules ont des dents ? Les questions sur les animaux

« Quand les poules auront des dents » veut dire jamais, et la question est sérieuse pour autant. Non, les poules n'ont pas de dents, aucune, et aucun oiseau vivant n'en a. Elles avalent leurs grains entiers, et c'est un muscle de leur ventre, le gésier, qui les broie, aidé de petits cailloux que la poule avale exprès. Une poule sans gravier digère mal : c'est pour cela que l'on en met dans les poulaillers.

Il y a pourtant une suite étonnante. Les ancêtres des oiseaux, les dinosaures, avaient des dents, et l'archéoptéryx, il y a 150 millions d'années, en avait encore. Les oiseaux les ont perdues il y a environ 100 millions d'années, sans doute parce qu'un bec léger convient mieux au vol. Mais le plan de fabrication n'a pas disparu : en 2006, des chercheurs américains ont observé chez des embryons de poulet porteurs d'une mutation des ébauches de dents, pointues, semblables à celles des crocodiles. Les poules ont donc, quelque part, le souvenir de leurs dents : Est-ce que les poules ont des dents ?.

Les questions sur les animaux ont souvent cette forme : est-ce que le chat voit dans le noir, est-ce que le poisson dort, est-ce que le chien rêve. Elles partent d'un détail observé et attendent une réponse tranchée. La bonne façon d'y répondre est de dire d'abord oui ou non, puis « mais », car il y a presque toujours un mais. Le chat voit dans la pénombre, pas dans le noir total. Le poisson se repose, sans fermer les yeux, faute de paupières. Un enfant qui entend le « mais » apprend que le monde est plus précis que les proverbes.

Est-ce que les sirènes existent

Ces questions arrivent après un dessin animé ou un soir de tempête, et elles ont deux niveaux. Le premier est simple : non, on n'a jamais trouvé de sirène. Aucun squelette, aucune photo nette, aucun animal mi-femme mi-poisson n'existe. Le deuxième est plus intéressant : pourquoi tant de gens ont cru en voir. Le 9 janvier 1493, Christophe Colomb note dans son journal qu'il a aperçu trois sirènes au large de l'île d'Hispaniola, « pas aussi belles qu'on le dit ». Il avait vu des lamantins, gros mammifères marins qui se dressent parfois hors de l'eau pour allaiter leur petit. Les sirènes de Barnum, au XIXe siècle, étaient des singes cousus à des queues de poisson : Est-ce que les sirènes existent ?.

Les fantômes demandent plus de délicatesse, parce qu'un enfant qui pose la question a souvent peur, et parce que certains adultes y croient. La réponse honnête : aucune expérience sérieuse n'a jamais montré de fantôme, mais on sait très bien expliquer ce que les gens ressentent. Les sons très graves, en dessous de 20 vibrations par seconde, que l'on n'entend pas mais que le corps perçoit, donnent des frissons et l'impression d'une présence ; un ingénieur anglais l'a découvert en 1998 dans son propre laboratoire « hanté ». Le monoxyde de carbone d'un vieux poêle provoque des visions. Et le cerveau, dans le noir, voit des visages dans les plis d'un rideau. Le détail, et de quoi rassurer : Est-ce que les fantômes existent ?.

Ce que ces deux réponses ont en commun, c'est le respect de l'histoire. Dire « les sirènes n'existent pas » et fermer le livre est une réponse pauvre. Dire « elles n'existent pas, et voilà ce que les marins ont vu pour y croire » garde la magie et ajoute la science. C'est aussi la bonne manière de traiter, un peu plus tard, le père Noël : Qui a inventé le père Noël ?.

Est-ce que les bananes constipent

La banane a une réputation qui traîne depuis des générations : elle constiperait. C'est faux pour la banane mûre, bien jaune, qui apporte des fibres douces et se digère facilement ; c'est en partie vrai pour la banane verte, dont l'amidon n'est pas encore transformé en sucre et ralentit un peu le transit. Une banane moyenne pèse 120 grammes, apporte 3 grammes de fibres et 400 milligrammes de potassium, et convient aux bébés dès la diversification. Pourquoi la rumeur persiste, et à quoi sert la banane dans le régime contre la diarrhée : Est-ce que les bananes constipent ?.

Les marrons posent une question de vie ou de mort, sans exagérer. Le « marron » que l'on mange grillé en hiver, ou en crème de marrons, est en réalité une châtaigne, le fruit du châtaignier. Le marron d'Inde, celui qui tombe des marronniers des cours d'école en octobre, est toxique : il contient une substance qui provoque des vomissements et des douleurs au ventre, et les centres antipoison reçoivent des appels chaque automne. La différence se voit sur l'enveloppe : la bogue de la châtaigne est hérissée de longues épines fines et contient plusieurs fruits aplatis ; la capsule du marron d'Inde est épaisse, avec quelques pointes courtes, et contient un seul gros fruit rond et brillant. Tout est là, avec les photos à comparer : Est-ce que les marrons se mangent ?.

Les questions de nourriture ont une particularité : elles viennent souvent d'un adulte, la grand-mère qui dit que les bananes constipent, le voisin qui grille des « marrons ». Répondre à l'enfant, c'est aussi corriger doucement l'adulte, avec un chiffre ou une image plutôt qu'avec une leçon. « Regarde, celui-là a une seule boule, c'est le marronnier de l'école, on ne le mange pas » vaut mieux qu'un exposé de botanique.

Comment répondre à un enfant quand la vraie réponse est « non »

Un enfant qui demande « est-ce que » attend un oui ou un non, et il est déçu par « ça dépend ». Il a pourtant raison de poser la question ainsi, et l'adulte a raison de nuancer. La solution est de donner d'abord la réponse courte, puis la nuance en une phrase, jamais l'inverse. « Est-ce que les bourdons piquent ? Oui, mais presque jamais, seulement si tu l'attrapes. » L'enfant a son oui, et il a aussi la règle de conduite qui va avec.

Quand la réponse est non, il faut la donner sans détour, y compris pour les sirènes et les fantômes. Un enfant sent très bien le « peut-être » gêné d'un adulte qui ne veut pas décevoir, et ce peut-être nourrit l'inquiétude bien plus qu'un non franc. Le non se complète ensuite avec l'explication de ce que les gens ont vu : les lamantins de Colomb, les sons graves de la maison hantée. Le non devient une histoire, et l'histoire rassure.

Il existe un troisième cas, celui des questions où personne ne sait vraiment. Est-ce que les animaux rêvent comme nous ? Est-ce qu'il y a de la vie ailleurs ? On peut répondre « les chercheurs pensent que oui, mais ils n'ont pas de preuve », ce qui est exact et fait entrer l'enfant dans la manière dont on sait les choses. Il n'y a pas de honte à ne pas savoir ; il y en a à faire semblant.

Un dernier point : la réponse courte doit être vraie sans le reste. « Les abeilles ne piquent qu'une fois » est vrai ; « les abeilles ne piquent pas » est faux, même si l'intention est de rassurer. Un enfant qui découvre plus tard qu'on lui a menti pour le calmer ne croit plus les réponses suivantes, y compris les bonnes.

Vrai ou faux : comment vérifier une affirmation avec un enfant

Les questions en « est-ce que » sont l'occasion idéale d'apprendre à vérifier. Un enfant de sept ans peut comprendre trois étapes. La première : d'où vient l'affirmation ? D'un copain, d'un dessin animé, d'une grand-mère, d'un livre ? Chaque source a sa fiabilité, et ce n'est pas une insulte de le dire. La deuxième : qu'est-ce qu'on peut observer soi-même ? Les mouches de la cuisine, on peut les regarder se poser sur une main sans rien sentir. Les marrons de l'école, on peut ouvrir leur capsule et compter. La troisième : qui a étudié la question, et qu'a-t-il trouvé ? C'est là qu'interviennent les vétérinaires de l'université, les centres antipoison, les carnets de Colomb.

Le jeu du vrai ou faux fonctionne très bien à table. Une affirmation, un vote, puis la réponse et une phrase d'explication. « Les poules ont des dents » : faux, mais leurs ancêtres en avaient. « Un bourdon peut piquer plusieurs fois » : vrai, mais il ne le fait presque jamais. « Une banane mûre constipe » : faux, c'est la banane verte qui ralentit un peu. L'enfant apprend vite que la phrase d'explication est plus intéressante que le vrai ou le faux.

Deux pièges à connaître. Le premier est le « on dit que » : une affirmation répétée par beaucoup de gens n'en devient pas vraie, et les bananes constipantes en sont la preuve. Le second est le témoignage sincère : Colomb ne mentait pas quand il a écrit avoir vu des sirènes ; il s'est trompé. Un enfant qui comprend qu'on peut être honnête et se tromper a déjà fait un grand pas, et il sera plus indulgent avec ses propres erreurs.

Ces réflexes servent bien au-delà des bourdons et des poules. Ils servent pour les rumeurs de la cour de récréation, pour les vidéos qui promettent des miracles, et plus tard pour tout le reste. C'est peut-être la chose la plus utile que l'on puisse tirer d'une question sur les mouches.

Un carnet suffit pour installer l'habitude : une page par question, la réponse courte en haut, et dessous ce que l'on a vérifié soi-même, avec la date. Au bout d'un an, le carnet contient une trentaine de questions réglées, et l'enfant sait, en le feuilletant, qu'il est capable de trouver tout seul. C'est bien plus précieux que les réponses elles-mêmes.

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