
C’est quoi le cortisol ?
Le cortisol est un messager chimique que ton corps fabrique au-dessus des reins, dans deux petites glandes. Il te réveille le matin, te donne de l'énergie et t'aide à réagir quand tu as peur ou que tu dois te dépêcher,…
Une rubrique du livre
C'est quoi l'amour, c'est quoi la Pentecôte, c'est quoi un impôt : les mots des grands que les enfants entendent à table et à la télé. Définis par l'exemple, avec les dates et les chiffres qui vont avec.

« C'est quoi l'amour ? » arrive vers cinq ou six ans, souvent après un mariage, un film ou une chanson, et c'est la question la plus difficile de toutes, parce que les adultes n'ont pas de réponse pour eux-mêmes. On peut pourtant en donner une, exacte et sans mièvrerie. L'amour, c'est quand quelqu'un compte tellement pour vous que vous êtes heureux quand il est heureux, et que vous avez envie d'être avec lui même quand il n'y a rien à faire. Cette définition marche pour les parents, les frères et sœurs, les amis et les amoureux, et c'est justement ce qu'il faut dire : il y a plusieurs amours, et un seul mot en français pour les désigner.
Les Grecs anciens en avaient quatre : la tendresse de la famille, l'amitié, le désir des amoureux, et l'amour qui donne sans rien attendre. Le corps, lui, n'en connaît qu'un : quand on serre quelqu'un qu'on aime, le cerveau libère une hormone, l'ocytocine, qui calme et rassure, la même pour un bébé dans les bras de sa mère et pour deux amoureux. Le cœur dessiné avec deux bosses, lui, ne ressemble pas au vrai cœur et vient du Moyen Âge : C’est quoi l’amour ?.
Les sentiments se définissent tous de la même façon : par ce qu'on ressent dans le corps et par ce qu'on a envie de faire. La colère, c'est chaud et ça donne envie de taper ; la peur, c'est froid et ça donne envie de partir ; l'amour, c'est doux et ça donne envie de rester. Un enfant qui a ces trois phrases sait nommer ce qui lui arrive, et nommer est déjà la moitié du chemin pour le supporter. Le lien avec la fête des amoureux est là, et il est bien plus récent qu'on ne croit : D’où vient la Saint-Valentin ?.

Le cortisol est un messager chimique que ton corps fabrique au-dessus des reins, dans deux petites glandes. Il te réveille le matin, te donne de l'énergie et t'aide à réagir quand tu as peur ou que tu dois te dépêcher,…

Un impôt, c'est de l'argent que les habitants d'un pays donnent obligatoirement à l'État pour payer ce que tout le monde utilise…

Le 14 juillet est la fête nationale de la France, avec un défilé, des bals et des feux d'artifice. On y rappelle…

L'Ascension est une fête chrétienne qui tombe toujours un jeudi, 40 jours après Pâques, en mai ou tout début juin. Elle rappelle…

La Pentecôte est une fête chrétienne qui a lieu 50 jours après Pâques, toujours un dimanche, entre la mi-mai et la mi-juin.…

L'amour, c'est quand tu veux qu'une personne aille bien, même si ça ne te rapporte rien, et que tu te sens en…
Écris ta question, glisse-la dans la fente. Si la réponse existe, elle sort tout de suite. Sinon, elle rejoint la pile.
L’amour, la Pentecôte, un impôt, le cortisol : les mots des grands, expliqués à un enfant — et aux grands qui n’avaient jamais osé demander.
Chaque printemps, deux jours fériés tombent sans prévenir, un jeudi puis un lundi, et les enfants demandent ce qu'on fête. Les deux dépendent de Pâques, qui change de date chaque année, entre le 22 mars et le 25 avril. L'Ascension tombe quarante jours après Pâques, toujours un jeudi : pour les chrétiens, c'est le jour où Jésus, ressuscité, monte au ciel. Le jeudi férié donne le fameux « pont » du vendredi. En 2026, l'Ascension tombe le 14 mai : C’est quoi l’Ascension ?.
La Pentecôte vient dix jours plus tard, cinquante jours après Pâques, le septième dimanche. Son nom vient du grec « cinquantième ». Ce jour-là, selon le récit des Actes des apôtres, les compagnons de Jésus, réunis dans une maison, reçoivent l'Esprit saint sous forme de langues de feu et se mettent à parler toutes les langues. Le lundi qui suit est férié en France, mais depuis 2004 il est aussi, dans beaucoup d'entreprises, la « journée de solidarité » travaillée sans salaire pour financer l'aide aux personnes âgées, décidée après la canicule de l'été 2003. En 2026, la Pentecôte tombe le dimanche 24 mai : C’est quoi la Pentecôte ?.
Pour un enfant, le plus simple est de compter sur un calendrier à partir de Pâques : 40 pour l'Ascension, 50 pour la Pentecôte. Il découvre au passage que les fêtes « mobiles » suivent la Lune, puisque Pâques est fixée au premier dimanche après la première pleine lune de printemps, et que c'est la raison pour laquelle les vacances de printemps ne tombent jamais pareil. Les fêtes d'automne et d'hiver ont d'autres origines, plus anciennes que le christianisme pour certaines : D’où vient Halloween ?.
Le 14 juillet est la question du feu d'artifice : pourquoi des fusées ce soir-là, pourquoi des avions au-dessus de Paris le matin ? La réponse a deux dates, et la deuxième est souvent oubliée. Le 14 juillet 1789, le peuple de Paris prend la Bastille, une forteresse qui servait de prison au roi ; elle ne contenait ce jour-là que sept prisonniers, mais elle était le symbole du pouvoir absolu. Un an plus tard, le 14 juillet 1790, la fête de la Fédération réunit des milliers de personnes au Champ-de-Mars pour célébrer la réconciliation du roi et de la nation. C'est cette deuxième journée, joyeuse, que la loi du 6 juillet 1880 retient pour la fête nationale.
Le défilé militaire sur les Champs-Élysées date lui aussi de 1880, année où l'armée a reçu ses nouveaux drapeaux. Les feux d'artifice viennent de plus loin, des fêtes royales, et le bal des pompiers de 1937, quand une caserne de Montmartre a ouvert ses portes aux voisins. Les dates, ce que contient la Bastille aujourd'hui, et pourquoi on parle de « prise » alors qu'elle s'est rendue : C’est quoi le 14 juillet ?.
Un enfant comprend le 14 juillet si l'on part de l'anniversaire : c'est l'anniversaire du pays, le jour où l'on a décidé que le chef ne pouvait plus tout décider seul. Le drapeau bleu-blanc-rouge, les couleurs de Paris autour du blanc du roi, date de la même époque. C'est aussi une bonne occasion de dire que la plupart des pays ont un jour comme celui-là, et que chacun raconte une histoire différente : Combien y a-t-il de pays dans le monde ?.
La question vient souvent d'une phrase entendue à table, « avec tout ce qu'on paie d'impôts », ou d'un ticket de caisse. Un impôt, c'est de l'argent que chacun donne à l'État pour payer ce qui sert à tout le monde : l'école, l'hôpital, les routes, les pompiers, la police, les retraites. Personne ne pourrait acheter une école tout seul ; tout le monde en met un peu, et l'école est là. Un enfant comprend cela immédiatement avec l'image de la cagnotte de classe pour le cadeau de la maîtresse.
Il y a plusieurs impôts, et le plus important est celui qu'on ne voit pas. La TVA est cachée dans presque tous les prix : sur un jouet à 12 euros, 2 euros vont à l'État, car le taux normal est de 20 % ; sur la nourriture, le taux est réduit à 5,5 %. C'est le premier impôt de France par ce qu'il rapporte. L'impôt sur le revenu, lui, est payé chaque année par les adultes qui gagnent assez : moins d'un foyer sur deux en paie. Il y a aussi les taxes sur les maisons, sur l'essence, sur les cigarettes. D'où vient le mot, ce que finance un euro d'impôt, et pourquoi tout le monde ne paie pas la même chose : C’est quoi un impôt ?.
La partie utile à expliquer aux enfants est le sens du mot « juste » dans cette affaire. Faire payer plus à ceux qui ont plus, c'est le principe de l'impôt sur le revenu ; faire payer tout le monde pareil à chaque achat, c'est celui de la TVA, qui pèse plus lourd sur les familles modestes. Les adultes se disputent sur ce dosage depuis deux siècles, et c'est pour cela qu'on vote. Un enfant qui a compris la cagnotte peut comprendre la dispute.
Le cortisol a envahi les conversations, les magazines et les vidéos, souvent avec le surnom d'« hormone du stress », ce qui est à moitié vrai et fait peur pour rien. Le cortisol est une hormone, c'est-à-dire un messager chimique fabriqué par une glande et transporté par le sang. Il est produit par les glandes surrénales, deux petits chapeaux posés sur les reins. Son premier travail n'est pas le stress : c'est le réveil. Le cortisol monte dans la nuit, atteint son maximum une demi-heure après le lever, et redescend jusqu'au soir. C'est lui qui donne l'énergie du matin et qui, en baissant, permet de s'endormir.
Il monte aussi d'un coup en cas de danger ou d'effort, pour libérer du sucre dans le sang et préparer le corps à agir. C'est utile pendant une heure ; c'est fatigant pendant des mois. Un cortisol trop haut trop longtemps, à cause d'un stress qui ne s'arrête pas, dérègle le sommeil, l'appétit et l'humeur. Le médecin peut le mesurer dans la salive ou le sang. Sa forme en médicament, la cortisone, sert contre les inflammations et les allergies. Le détail, avec la courbe d'une journée : C’est quoi le cortisol ?.
Pour un enfant, l'image qui marche est celle de l'alarme : le cortisol est l'alarme du corps, très utile quand elle sonne un instant, épuisante quand elle sonne toute la nuit. Elle explique aussi pourquoi on a du mal à s'endormir après une grosse peur, et pourquoi dormir suffisamment calme tout le reste. Beaucoup de mots de la santé se laissent définir ainsi, par ce qu'ils font et à quel moment, plutôt que par leur formule. Le sommeil lui-même a ses questions, et la première est celle des rêves : Pourquoi on rêve ?.
Le dictionnaire définit un mot par d'autres mots, souvent plus difficiles : l'amour y est « un sentiment d'affection », l'impôt « un prélèvement obligatoire », le cortisol « une hormone glucocorticoïde ». Aucune de ces définitions ne sert à un enfant de six ans. Ce qui lui sert, c'est un exemple qu'il connaît, puis le mot posé dessus. La cagnotte de la classe, puis « ça s'appelle un impôt ». L'alarme qui sonne, puis « ça s'appelle le cortisol ». Le mot arrive en dernier, comme une étiquette sur un tiroir déjà rempli.
La deuxième règle est de définir par ce que la chose fait, pas par ce qu'elle est. Un impôt sert à payer l'école ; le cortisol sert à réveiller ; la Pentecôte sert à se souvenir d'un jour où des gens ont eu le courage de parler à tout le monde. L'enfant peut ensuite retrouver le mot à partir de l'usage, ce qui est exactement la manière dont il a appris tous les mots qu'il connaît déjà : personne ne lui a défini « cuillère ».
La troisième règle est d'accepter la définition courte et un peu fausse, puis de la corriger plus tard. « L'amour, c'est quand on veut rester avec quelqu'un » est incomplet ; c'est pourtant une base solide sur laquelle on ajoutera, à dix ans, les différentes sortes d'amour, et à quinze, le reste. Une définition d'enfant n'est pas un contrat ; elle est un premier étage.
Il reste les mots que les enfants entendent sans les demander : à la télévision, dans les conversations des adultes, sur les affiches. Inflation, élection, hormone, cholestérol, laïcité. Le bon réflexe est de les définir avant qu'ils les demandent, en une phrase, au moment où ils passent : « l'inflation, c'est quand les prix montent et que le même billet achète moins de choses ». Un enfant qui reçoit ces phrases n'a pas peur des mots des grands ; il les collectionne, et il revient en chercher d'autres.
Une dernière vérification vaut pour toutes les définitions : demander à l'enfant de trouver lui-même un exemple. S'il répond « un impôt, c'est comme quand on donne chacun deux euros pour le cadeau de la maîtresse », il a compris (C’est quoi un impôt ?). S'il répond « l'amour, c'est comme mamie et moi », il a compris aussi, et mieux que le dictionnaire (C’est quoi l’amour ?). S'il ne trouve rien, ce n'est pas lui qui a échoué, c'est la définition, et il faut en chercher une autre, avec un autre exemple, plus proche de sa journée.
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