Est-ce que les sirènes existent ? — la réponse simple, en trois phrases
Non, les sirènes n'existent pas : aucun animal n'a jamais eu un buste de femme et une queue de poisson, et un être humain ne peut pas respirer sous l'eau. Mais des marins ont vraiment cru en voir, il y a très longtemps, parce qu'ils apercevaient de loin de gros animaux marins, les lamantins et les dugongs, qui sortent la tête de l'eau pour respirer. Les sirènes vivent dans les histoires, et elles y sont très bien.
Est-ce que les sirènes existent ? — pour les grands
D’où vient la légende des sirènes ?
Les premières sirènes n’avaient pas de queue de poisson. Dans l’Odyssée, le long poème grec composé il y a près de 2 800 ans, ce sont des femmes-oiseaux perchées sur un rocher, dont le chant attire les marins vers les récifs. Ulysse se fait attacher au mât pour pouvoir les écouter sans se jeter à l’eau, pendant que ses compagnons rament avec de la cire dans les oreilles. Pas de nageoire, donc, mais des plumes et des serres.
La queue de poisson arrive au Moyen Âge, dans les recueils de créatures fabuleuses que copiaient les moines. Vers le VIIIe siècle, un texte intitulé le Livre des monstres décrit pour la première fois une sirène « femme jusqu’au nombril, poisson en dessous ». L’image plaît, on la sculpte sur les églises, on la grave sur les cartes marines, et elle finit par remplacer complètement la femme-oiseau. En Bretagne, en Écosse, en Scandinavie, chaque côte adopte sa version : la Morgane, la selkie, la havfrue.
Est-ce que des marins ont vraiment vu des sirènes ?
Oui, et le plus célèbre d’entre eux l’a écrit noir sur blanc. Le 9 janvier 1493, au large de ce qui est aujourd’hui la République dominicaine, Christophe Colomb note dans son journal de bord qu’il a vu trois sirènes sortir de la mer, en précisant qu’elles n’étaient « pas aussi belles qu’on les peint » et qu’elles avaient une tête d’homme. Il venait de croiser des lamantins, ces gros mammifères marins qui broutent les herbes des eaux chaudes.
Est-ce que ?Est-ce que les bananes constipent ?L’erreur se comprend. Un lamantin ou un dugong sort de l’eau seulement sa tête ronde et son dos gris, il tient parfois son petit contre lui avec ses nageoires, et il plonge en dévoilant une queue plate. Vu de loin, à travers les embruns, après des semaines de mer, cela ressemble à un être humain qui nage. Les naturalistes ont d’ailleurs baptisé ce groupe d’animaux les siréniens, en 1811, en souvenir de la confusion.
| Animal | Où il vit | Taille et poids |
|---|---|---|
| Lamantin des Caraïbes | Floride, Antilles, Amazonie | Jusqu’à 4 mètres, 500 kilos |
| Dugong | Océan Indien, mer Rouge, Australie | Jusqu’à 3 mètres, 400 kilos |
| Lamantin d’Afrique | Côtes et fleuves d’Afrique de l’Ouest | Environ 3 mètres, 450 kilos |
Pourquoi une sirène ne pourrait pas exister ?
Un être humain respire de l’air avec des poumons ; un poisson tire l’oxygène de l’eau avec des branchies. Aucun animal ne possède les deux systèmes fonctionnant en même temps à l’âge adulte. Une sirène devrait donc remonter respirer sans arrêt, comme un dauphin, et vivrait à la surface, pas dans un palais au fond de la mer. Or les dauphins, les baleines et les phoques sont parfaitement connus : on les voit, on les compte, on les filme.
Il y a aussi le froid. L’eau prend la chaleur du corps vingt-cinq fois plus vite que l’air. Un humain qui reste plusieurs heures dans une mer à 15 °C meurt de froid ; les animaux marins ont une épaisse couche de graisse ou une fourrure serrée. Une sirène aux bras nus et aux cheveux flottants ne tiendrait pas une journée. Enfin, les océans ont été explorés par des milliers de sous-marins, de filets et de caméras : on y découvre chaque année des poissons et des crevettes inconnus, jamais une créature à moitié humaine. Ce que la mer contient réellement, en revanche, se goûte : Pourquoi la mer est salée ?.
Et les fausses sirènes exposées dans les musées ?
Au XIXe siècle, des marchands ont vendu de vraies fausses sirènes. La plus fameuse, la sirène des Fidji, a été exposée à New York en 1842 par Phineas Barnum, le roi du cirque, qui la présentait comme un animal capturé dans le Pacifique. C’était le buste momifié d’un petit singe cousu sur la queue d’un gros poisson, fabriqué au Japon. Des dizaines de milliers de curieux ont payé pour la voir. On en trouve encore dans quelques musées, présentées cette fois comme des curiosités.
En 2012, une chaîne de télévision américaine a diffusé un faux documentaire si convaincant, avec de faux scientifiques et de fausses images, que l’agence gouvernementale chargée des océans a dû publier un communiqué officiel : aucune preuve de l’existence d’humains aquatiques n’a jamais été trouvée. Une sirène qui a besoin d’un démenti officiel est une sirène qui a bien réussi son coup.
Pourquoi on aime tant les histoires de sirènes ?
Parce que la mer est immense et que nous ne savons pas y vivre. Les sirènes racontent notre envie de la traverser sans peur, et notre crainte de ce qui se cache dessous. Les histoires ont aussi changé de ton : les sirènes antiques dévoraient les marins, celle de Hans Christian Andersen, publiée en 1837, sacrifie sa voix par amour et fait pleurer les enfants depuis presque deux siècles. Sa statue de bronze, installée sur le port de Copenhague en 1913, mesure 1,25 mètre et reçoit plus d’un million de visiteurs par an.
Est-ce que ?Est-ce que les marrons se mangent ?Une histoire qui dure 2 800 ans n’a pas besoin d’être vraie pour être importante. Les sirènes appartiennent à la même famille que d’autres créatures que l’on aime avoir peur de croiser : Est-ce que les fantômes existent ?.
Vrai ou faux ?
Deux affirmations sur cette question. Soulève un volet.
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Marina Tessier
Marina a ouvert ce site un soir de 2001, sur un pari entre copines de fac. Vingt ans plus tard, son fils a commencé à demander « pourquoi… Ses autres réponses




