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Pourquoi on bâille ?

Pourquoi on bâille ? — la réponse simple, en trois phrases

Tu as sûrement remarqué que tu bâilles quand tu es fatigué, mais aussi quand tu t'ennuies ou juste avant de partir à l'école. En bâillant, tu ouvres grand la bouche, tu avales une grande gorgée d'air frais et tu étires les muscles de ton visage : ça rafraîchit ton cerveau, un peu comme quand on ouvre la fenêtre d'une pièce trop chaude. Et si tu bâilles en voyant quelqu'un bâiller, c'est normal : le bâillement est contagieux, même entre un chien et son maître.

Pourquoi on bâille ? — pour les grands

Pourquoi on bâille quand on est fatigué ?

Le soir, vers vingt heures, le bâillement arrive presque à heure fixe. Il revient le matin au réveil, quand le corps sort du sommeil. Ce n’est pas un hasard : on bâille surtout aux moments où le cerveau change d’état, quand il passe de l’éveil au sommeil ou l’inverse. Le bâillement fonctionne comme un petit coup de fouet qui remet la machine en route.

Un bâillement dure en moyenne six secondes chez un adulte. Pendant ce temps, la mâchoire s’ouvre au maximum, les muscles du cou et du visage s’étirent, le cœur accélère légèrement et le sang circule plus vite dans la tête. Des chercheurs de l’université de New York à Oneonta ont montré en 2007 que la température du cerveau baisse de quelques dixièmes de degré juste après. Le bâillement serait donc un climatiseur naturel : un cerveau un peu plus frais est un cerveau plus attentif.

Pourquoi ?Pourquoi on pleure ?

Cette idée explique une chose curieuse : on bâille davantage quand l’air ambiant est doux (autour de 20 °C) que lorsqu’il fait très froid ou très chaud. Si l’air inspiré est plus chaud que le cerveau, le bâillement ne rafraîchit plus rien, et le corps y renonce.

Bâiller, est-ce qu’on manque d’oxygène ?

C’est ce que tout le monde répète, et pourtant c’est faux. En 1987, une expérience a fait respirer à des volontaires de l’air très riche en oxygène, puis de l’air chargé en gaz carbonique. Résultat : ils ont bâillé exactement autant dans les deux cas. Le bâillement ne sert pas à remplir les poumons, sinon on bâillerait après une course, ce qui n’arrive jamais.

Il faut plutôt le voir comme un étirement du visage et de la gorge. D’ailleurs, on bâille souvent en étirant les bras en même temps : les deux gestes partent de la même zone du cerveau, l’hypothalamus, qui gère aussi la faim, la température et le sommeil. Le bâillement fait partie de la famille des réflexes, comme Pourquoi on a le hoquet ? : on ne décide pas de le déclencher, et l’arrêter en plein milieu est presque impossible.

Pourquoi le bâillement est contagieux ?

Voir, entendre ou même lire le mot « bâiller » suffit à provoquer un bâillement chez une personne sur deux environ. Ce phénomène est lié à l’empathie, cette capacité à ressentir ce que ressent l’autre. Les zones du cerveau qui s’activent quand on regarde quelqu’un bâiller sont les mêmes que celles qui s’activent quand on imite un geste.

Les tout-petits n’attrapent pas les bâillements : la contagion apparaît vers quatre ou cinq ans, à l’âge où l’enfant commence vraiment à se mettre à la place des autres. Et elle est plus forte entre proches : on bâille plus facilement après un membre de sa famille qu’après un inconnu. Une étude de l’université de Pise publiée en 2011 a mesuré cet effet sur 109 personnes suivies pendant un an.

Le tableau ci-dessous résume ce qu’on sait de cette contagion.

Situation Personnes qui bâillent en retour
Un proche bâille devant vous Environ 1 sur 2
Un inconnu bâille devant vous Environ 1 sur 4
Enfant de moins de 4 ans Presque jamais
Chien qui voit son maître bâiller 7 sur 10 dans l’expérience de 2008

Est-ce que les animaux bâillent aussi ?

Presque tous les animaux à colonne vertébrale bâillent : les chiens, les chats, les chevaux, les singes, mais aussi les poissons, les serpents et les oiseaux. Les bébés bâillent avant même de naître : à l’échographie, on voit des fœtus bâiller dès la douzième semaine de grossesse. On ne sait pas ce qu’ils y gagnent, mais cela prouve que le réflexe est très ancien.

En 2016, une étude a comparé 29 espèces de mammifères : plus le cerveau est gros, plus le bâillement est long. La souris bâille moins d’une seconde et demie, le chien environ deux secondes, le chimpanzé quatre, l’humain six. Le record revient à l’homme, non pas parce qu’il est le plus fatigué, mais parce qu’il a le plus de cerveau à rafraîchir.

Pourquoi ?Pourquoi les oiseaux chantent ?

La contagion, elle, est bien plus rare. Elle a été observée chez le chimpanzé, le bonobo, le loup et le chien. Dans une expérience menée à Londres en 2008, 21 chiens sur 29 ont bâillé après avoir vu une personne bâiller devant eux, alors qu’aucun n’a réagi quand la même personne ouvrait simplement la bouche.

Bâiller beaucoup, est-ce grave ?

Un adulte bâille entre cinq et dix fois par jour, un peu plus s’il manque de sommeil. Il n’y a rien d’inquiétant à bâiller pendant une réunion ou un long trajet : le cerveau réclame simplement de l’attention et de la fraîcheur. Les pilotes et les parachutistes bâillent souvent juste avant de sauter, non par ennui mais pour se mettre en alerte.

Si les bâillements deviennent très nombreux, plus de vingt ou trente par jour, sans lien avec la fatigue, il vaut la peine d’en parler à un médecin : certains médicaments et quelques troubles neurologiques les multiplient. Pour la grande majorité d’entre nous, la solution tient en une phrase. Le corps qui bâille demande un vrai sommeil, celui où l’on rêve, et il faut l’écouter. Ce qui se passe alors dans la tête est un autre mystère : Pourquoi on rêve ?.

Vrai ou faux ?

Deux affirmations sur cette question. Soulève un volet.

VRAI
FAUX
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Aurèle Marchetti

Aurèle Marchetti
Pendant six ans, Aurèle a fait la nuit dans un planétarium de Toulouse, sous une coupole, devant des classes qui voulaient savoir où s'arrête le ciel. Il est… Ses autres réponses

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