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Pourquoi on rêve ?

Pourquoi on rêve ? — la réponse simple, en trois phrases

Quand tu dors, ton cerveau ne s'éteint pas : il continue de travailler, et certaines nuits il travaille même presque aussi fort que dans la journée. Il range tes souvenirs, comme on range une chambre après avoir beaucoup joué, et en rangeant, il mélange des images, des voix, des peurs et des envies. Ce mélange, c'est le rêve, et tu en fais chaque nuit, même quand tu ne t'en souviens pas le matin.

Pourquoi on rêve ? — pour les grands

Qu’est-ce qui se passe dans le cerveau quand on rêve ?

En 1953, à Chicago, un étudiant nommé Eugene Aserinsky a passé des nuits à observer son propre fils de huit ans endormi. Il a remarqué que, par moments, les yeux de l’enfant bougeaient très vite sous les paupières. Réveillé à ces instants-là, le garçon racontait un rêve. Ce sommeil aux yeux qui bougent a reçu le nom de sommeil paradoxal : le corps est complètement détendu, mais le cerveau est aussi actif qu’en plein jour.

Une nuit se découpe en quatre à six cycles d’environ 90 minutes. Chaque cycle commence par un sommeil léger, se poursuit par un sommeil profond, puis se termine par une phase de sommeil paradoxal. Au début de la nuit, cette phase dure quelques minutes ; vers le matin, elle peut atteindre trente ou quarante minutes. C’est pourquoi les rêves dont on se souvient sont presque toujours ceux du petit matin.

Pourquoi ?Pourquoi on pleure ?

Pendant le sommeil paradoxal, les muscles des bras et des jambes sont comme débranchés. C’est une sécurité : sans elle, on se lèverait pour courir dès qu’on rêve d’une course. Dans les années 1960, le neurologue lyonnais Michel Jouvet a montré que des chats privés de ce blocage se mettaient à bondir et à chasser des proies invisibles en plein sommeil.

À quoi servent les rêves ?

Aucune réponse ne fait l’unanimité, mais plusieurs pistes se complètent. La première concerne la mémoire. Le jour, le cerveau engrange tout : la leçon de maths, le prénom d’un nouveau copain, le trajet du bus. La nuit, il rejoue ces informations pour décider ce qu’il garde et ce qu’il efface. Des chercheurs ont observé chez des rats que les mêmes cellules s’allument pendant le sommeil que pendant une course dans un labyrinthe, dans le même ordre, comme si l’animal refaisait le parcours en rêve.

La deuxième piste concerne les émotions. Rêver d’une dispute, d’une peur ou d’une grande joie permettrait de la digérer, de la ranger à sa place pour qu’elle pèse moins le lendemain. On dort mieux et on se sent plus léger après une nuit complète, en partie pour cette raison. Ceux qui manquent de sommeil paradoxal réagissent plus vivement aux petites contrariétés.

Une troisième idée voit le rêve comme une salle d’entraînement. Les rêves d’enfants sont pleins d’animaux qui poursuivent, de chutes et de cachettes : autant de situations que le cerveau répète pour apprendre à réagir. Les rêves ne seraient pas là pour nous raconter une histoire, mais pour nous préparer.

Pourquoi on oublie ses rêves au réveil ?

On rêve entre une heure et demie et deux heures par nuit. Sur une vie de 80 ans, cela représente environ six années passées à rêver, dont on ne garde qu’une poignée de souvenirs. La raison est simple : pendant le sommeil, la partie du cerveau qui fabrique les souvenirs durables, l’hippocampe, tourne au ralenti. Le rêve est vécu mais pas enregistré. Il s’efface en quelques minutes, sauf si l’on se réveille en plein milieu.

D’où une astuce connue de tous ceux qui tiennent un carnet de rêves : rester immobile au réveil, les yeux fermés, et se répéter le rêve avant de bouger. Le simple fait de se lever suffit souvent à tout effacer. Les enfants se souviennent mieux de leurs rêves que les adultes, sans doute parce qu’ils se réveillent plus souvent au cours de la nuit.

Pourquoi on fait des cauchemars ?

Les cauchemars sont plus fréquents entre trois et six ans, au moment où l’imagination se développe à toute vitesse et où l’enfant commence à comprendre le danger. Un enfant de cinq ans sur deux en fait au moins un par mois, et ce n’est le signe d’aucun problème. Ils arrivent en fin de nuit, pendant le sommeil paradoxal, et l’enfant s’en souvient bien. Il faut les distinguer des terreurs nocturnes, qui surviennent en début de nuit, pendant le sommeil profond : l’enfant crie et semble éveillé, mais il ne se souviendra de rien le matin.

La fatigue, la fièvre, un film vu trop tard ou un changement dans la vie, comme une rentrée ou un déménagement, multiplient les mauvais rêves. Un enfant de 6 à 12 ans a besoin de 9 à 12 heures de sommeil par nuit ; en dessous, les cauchemars augmentent. Un rituel calme, une lumière douce et une chambre pas trop chaude, autour de 18 ou 19 °C, suffisent souvent à les espacer. Savoir que la nuit revient chaque jour pour de bonnes raisons aide aussi : Pourquoi il fait nuit ?.

Est-ce que les animaux rêvent aussi ?

Tous les mammifères ont un sommeil paradoxal, et donc très probablement des rêves. Un chien qui remue les pattes et pousse de petits jappements en dormant est presque à coup sûr en train de courir en rêve. Le chat y consacre une grande partie de sa nuit ; les oiseaux en ont aussi, par très courtes périodes. Le nouveau-né humain passe la moitié de son sommeil en sommeil paradoxal, contre un cinquième pour un adulte, ce qui laisse penser que le rêve aide le cerveau à se construire.

Pourquoi ?Pourquoi les oiseaux chantent ?

Personne ne peut demander à un chien ce qu’il a vu. Mais les pieuvres changent de couleur pendant certaines phases de leur sommeil, comme si elles revivaient une chasse. Le rêve semble aussi ancien que le sommeil lui-même, et le sommeil commence souvent par un signe que tout le monde connaît : Pourquoi on bâille ?.

Vrai ou faux ?

Deux affirmations sur cette question. Soulève un volet.

VRAI
FAUX
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Aurèle Marchetti

Aurèle Marchetti
Pendant six ans, Aurèle a fait la nuit dans un planétarium de Toulouse, sous une coupole, devant des classes qui voulaient savoir où s'arrête le ciel. Il est… Ses autres réponses

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