Pourquoi on a le hoquet ? — la réponse simple, en trois phrases
Tu as sous les poumons un grand muscle plat, le diaphragme, qui descend quand tu inspires et remonte quand tu souffles. Quand tu as le hoquet, ce muscle sursaute d'un coup, comme s'il avait eu peur, et ta gorge se referme aussitôt : c'est ce petit claquement qui fait « hic ». Ça arrive souvent quand tu as mangé trop vite ou avalé de l'air, et ça s'arrête tout seul au bout de quelques minutes.
Pourquoi on a le hoquet ? — pour les grands
Qu’est-ce qui se passe dans le corps quand on a le hoquet ?
Une assiette de pâtes avalée en trois minutes, un verre de soda bu d’une traite, un fou rire au milieu du repas, et le hoquet débarque. Chaque « hic » suit toujours le même scénario. Le diaphragme, ce muscle en forme de dôme qui sépare la poitrine du ventre, se contracte brutalement. L’air s’engouffre dans les poumons. Quelques centièmes de seconde plus tard, la glotte, la petite porte qui se trouve en haut de la trachée, se ferme d’un coup. L’air bute contre cette porte fermée : c’est le bruit du hoquet.
Pourquoi ?Pourquoi on pleure ?Le phénomène est commandé par deux nerfs, le nerf phrénique qui descend jusqu’au diaphragme et le nerf vague qui passe par l’estomac. Quand l’estomac se gonfle trop vite, à cause d’un repas copieux, d’une boisson gazeuse ou d’un changement brusque de température, il appuie sur ces nerfs et déclenche la série de secousses. Un hoquet ordinaire revient entre 4 et 60 fois par minute, et le rythme reste étonnamment régulier chez une même personne.
Le hoquet sert-il à quelque chose ?
Personne ne connaît la réponse avec certitude, et c’est ce qui rend la question passionnante. Une hypothèse publiée en 2003 par une équipe de Calgary propose que le hoquet soit un souvenir de nos très lointains ancêtres. Les têtards respirent avec des branchies : ils aspirent de l’eau dans la bouche, ferment la glotte pour l’empêcher d’entrer dans les poumons et la poussent vers les branchies. Ce mouvement ressemble trait pour trait à un hoquet. Le circuit nerveux serait resté dans notre cerveau alors que nous n’en avons plus besoin.
Une autre piste vient des bébés. Les fœtus ont le hoquet dès la neuvième semaine de grossesse, bien avant de pouvoir respirer, et les prématurés y passent jusqu’à quinze minutes par jour. En 2019, des chercheurs de Londres ont enregistré l’activité cérébrale de nouveau-nés pendant leurs hoquets : chaque secousse provoquait une grande vague de signaux vers le cerveau. Le hoquet aiderait donc le bébé à apprendre où se trouvent ses muscles respiratoires et comment les commander. Une sorte d’entraînement avant la vraie respiration.
Pourquoi le hoquet arrive après avoir mangé ou ri ?
Tout ce qui distend l’estomac ou irrite le nerf vague peut lancer la série. Les déclencheurs les plus fréquents sont connus de tous les parents.
- Manger trop vite ou trop, surtout du pain ou des aliments secs.
- Boire une boisson gazeuse ou très froide.
- Rire, crier ou pleurer longtemps, ce qui fait avaler beaucoup d’air.
- Passer brusquement du chaud au froid, par exemple un plongeon dans une piscine fraîche.
- Un moment de stress ou d’excitation, avant un spectacle ou un match.
Les bébés y sont particulièrement sujets parce qu’ils avalent de l’air en tétant et que leur estomac est minuscule. Un nourrisson a souvent le hoquet après le biberon, et cela ne le gêne presque jamais. Il s’arrête tout seul, parfois plus vite si on le redresse contre l’épaule pour lui faire faire son rot.
Comment faire passer le hoquet ?
Les recettes de grand-mère ont toutes le même objectif : occuper ou calmer les nerfs qui commandent le diaphragme. Retenir sa respiration une vingtaine de secondes augmente le gaz carbonique dans le sang, ce qui apaise le réflexe. Boire un grand verre d’eau froide par petites gorgées, ou en se penchant en avant, stimule le nerf vague au fond de la gorge. Une cuillère de sucre en poudre avalée sans eau agit de la même manière, par les grains qui grattent le palais. Faire peur à quelqu’un fonctionne parfois, mais surtout parce que la surprise coupe la respiration.
Aucune de ces méthodes n’a été prouvée par une grande étude, mais elles sont sans danger et le hoquet s’arrête de toute façon en quelques minutes. Ce qui compte, c’est de rompre le rythme des secousses. Une astuce simple pour un enfant : lui demander de compter à voix haute jusqu’à trente en respirant très lentement, ce qui l’oblige à contrôler son souffle.
Le hoquet peut-il durer des heures, ou des années ?
Un hoquet classique s’arrête en moins de quelques heures, souvent en moins de dix minutes. Les médecins parlent de hoquet persistant au-delà de 48 heures et de hoquet réfractaire au-delà d’un mois. Ces formes rares peuvent venir d’une irritation du nerf phrénique, d’un problème d’estomac ou de certains médicaments, et se soignent avec des traitements précis. Le record connu est celui d’un fermier américain, Charles Osborne, qui a eu le hoquet sans interruption de 1922 à 1990, soit 68 ans, tout en menant une vie presque normale.
Pourquoi ?Pourquoi les oiseaux chantent ?Chez l’enfant, un hoquet qui revient très souvent sans raison mérite une visite chez le médecin, mais dans l’immense majorité des cas, il s’agit seulement d’un repas avalé trop vite. Le hoquet fait partie de ces réflexes que le corps déclenche sans nous demander notre avis, comme Pourquoi on bâille ? ou Pourquoi on pleure ?. On ne les commande pas, mais on peut apprendre à les comprendre.
Vrai ou faux ?
Deux affirmations sur cette question. Soulève un volet.
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Aurèle Marchetti
Pendant six ans, Aurèle a fait la nuit dans un planétarium de Toulouse, sous une coupole, devant des classes qui voulaient savoir où s'arrête le ciel. Il est… Ses autres réponses




