D’où vient le mot OK ? — la réponse simple, en trois phrases
OK est né dans un journal de Boston, aux États-Unis, le 23 mars 1839 : à cette époque, les journalistes s'amusaient à écrire des mots avec des fautes exprès, et « all correct » (« tout est bon ») est devenu « oll korrect », en abrégé O.K. La blague aurait pu être oubliée, mais l'année suivante un candidat à l'élection présidentielle, surnommé Old Kinderhook, a eu les mêmes initiales et ses partisans ont crié « OK » partout. Depuis, le mot a fait le tour du monde.
D’où vient le mot OK ? — pour les grands
OK : une blague de journaliste en 1839
Dans les années 1830, les jeunes gens de Boston ont une mode un peu bête : ils écrivent des expressions avec des fautes volontaires, puis les réduisent à leurs initiales. « No go » (ça ne marche pas) devient « know go », abrégé K.G. ; « all right » devient « oll wright », abrégé O.W. C’est le genre de jeu que l’on retrouve aujourd’hui dans les messages entre amis.
Le 23 mars 1839, le journal Boston Morning Post publie un article amusant sur une association de la ville et glisse, entre parenthèses, « o.k. », suivi de sa traduction « all correct », écrit « oll korrect ». C’est la plus ancienne trace imprimée du mot. Elle a été retrouvée en 1963 par Allen Walker Read, un professeur de l’université Columbia qui a passé des années à éplucher les journaux de l’époque pour démêler le vrai du faux.
D'où ça vient ?D’où vient le couscous ?La plupart des abréviations de cette mode ont disparu en quelques mois. OK a survécu grâce à un coup de chance politique.
Old Kinderhook : comment une élection a sauvé le mot
En 1840, le président des États-Unis, Martin Van Buren, se présente pour un second mandat. Il est né à Kinderhook, un village de l’État de New York, et ses partisans le surnomment Old Kinderhook, le vieux de Kinderhook. Ses initiales tombent à pic : O.K. À New York, ils fondent un « O.K. Club » et scandent le mot dans les meetings, sur les affiches et dans les journaux.
Van Buren perd l’élection contre William Henry Harrison. Mais pendant cette campagne, tout le pays a entendu et lu OK des milliers de fois, avec le double sens « Old Kinderhook » et « tout est bon ». Les adversaires du président s’en moquent en inventant d’autres significations, ce qui fait encore plus de publicité au mot.
À la fin de l’année 1840, OK n’est plus une blague de Boston : c’est un mot américain, connu de tous.
Le télégraphe et les trains lui font traverser le monde
En 1844, Samuel Morse inaugure la première ligne de télégraphe entre Washington et Baltimore. Les opérateurs ont besoin d’un signal court pour dire « message bien reçu ». Deux lettres suffisent : OK. Sur les lignes de chemin de fer, les employés l’écrivent sur les documents pour confirmer qu’un train peut partir. Le mot entre dans le vocabulaire du travail.
Il se répand ensuite avec les soldats américains pendant les deux guerres mondiales, avec les films de Hollywood et avec la musique. En France, on l’entend dès l’entre-deux-guerres et il s’installe pour de bon après 1945. Le téléphone, arrivé un peu plus tard que le télégraphe, l’a aussi beaucoup aidé : Qui a inventé le téléphone ?.
Aujourd’hui, OK se dit et se comprend dans presque toutes les langues, du Japon au Brésil. Les linguistes le considèrent comme le mot le plus reconnu de la planète.
Les fausses origines du mot OK
Avant les recherches d’Allen Walker Read, on a raconté beaucoup d’histoires. Certaines sont belles, aucune ne tient devant les documents.
- Le mot choctaw okeh, qui veut dire « c’est ainsi » : le président Woodrow Wilson y croyait et écrivait « okeh » sur ses papiers, mais aucune trace ne relie ce mot au Boston de 1839.
- Le grec ola kala, « tout va bien » : joli, mais inventé après coup.
- Le wolof waw-kay, « oui, c’est ça », apporté par les esclaves africains : aucune preuve écrite.
- L’écossais och aye, « ah oui » : la ressemblance est un hasard.
- Un employé de chemin de fer nommé Obadiah Kelly, qui aurait signé O.K. les colis : personnage introuvable.
- Le port des Cayes, à Haïti, d’où venait un bon rhum : une légende de marins.
Ce qui rend le mot si facile à adopter, c’est sa forme : deux lettres, deux sons, prononçables dans n’importe quelle langue. Les alphabets du monde n’ont pas tous les mêmes lettres, mais tous savent dire OK : Combien y a-t-il de lettres dans l’alphabet ?.
OK sur la Lune et sur les écrans
Le 20 juillet 1969, quand le module lunaire d’Apollo 11 se pose, les premiers mots prononcés depuis la surface de la Lune sont ceux de Buzz Aldrin : « Contact light. Okay, engine stop. » Un mot né d’une blague de journal est ainsi devenu le premier mot humain sur un autre monde, avant même la phrase célèbre de Neil Armstrong.
D'où ça vient ?D’où viennent les punaises de lit ?Sur les ordinateurs, le bouton OK apparaît dans les premières fenêtres à cliquer, au début des années 1980, sur les machines d’Apple. Depuis, il est sur tous les téléphones et tous les distributeurs de billets du monde. On le fait aussi avec la main, en formant un rond avec le pouce et l’index.
En français, on l’écrit OK, O.K. ou okay. L’Académie française lui préfère « d’accord », mais les dictionnaires l’ont adopté depuis longtemps. Il a même donné un verbe familier, « okayer », pour dire que l’on approuve. Pas mal, pour une faute d’orthographe faite exprès.
Vrai ou faux ?
Deux affirmations sur cette question. Soulève un volet.
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Marina Tessier
Marina a ouvert ce site un soir de 2001, sur un pari entre copines de fac. Vingt ans plus tard, son fils a commencé à demander « pourquoi… Ses autres réponses




